Lundi 27 juillet 2009Je me souviens de tout. Il y a un an j'étais chez toi. Tu étais bien. Belle. Souriante. Assise à table. Face à toi. A boire un verre. Nos discussions. Nos rires. Cet instant de bonheur, comme toujours... Si seulement nous avions su que c'était le dernier, je te promets qu'il ne se serait jamais terminé.
Je me souviens de tout. Il y a un an je suis partie de chez toi. Je t'ai embrassée, comme à chaque fois. Il y a un an, nous étions dimanche. Je t'ai quittée Nous nous sommes dit "A mercredi". Nous ne nous sommes jamais revues. Il y un an nous nous sommes quittées pour l'éternité. Si seulement je l'avais su, je t'aurais couverte de baisers, je t'aurais serrée contre moi. Si seulement nous l'avions su, tout aurait été si différent... Il y a un an, je te voyais pour la dernière fois; te parlais pour la dernière fois; t'embrassais pour la dernière fois... Que des "dernières fois" que je ne savais même pas...
Aujourd'hui tu me manques. Tu manques à ma vie depuis ce jour. Aujourd'hui, en farfouillant dans mes affaires, je viens de vider la carte mémoire du camescope. Grâce à Kiki et Jean qui m'ont dit qu'il y avait des images dessus. Alors aujourd'hui, la curiosité m'a prise et j'ai regardé ce qu'elle contenait. Des souvenirs mémorables, bien sûr. Ton anniversaire, le dernier que nous ayons fêté, un mois avant ton départ. Mais aussi la virée au parc de Thoiry où on me voit te donner le bras. Lorsque tu es partie quelques jours avec mes parents en Bretagne, voir Lynda. Puis, cette capture prise lors ton anniversaire de 2006... Nous deux. Une fois encore. Nous deux. Je n'avais jamais vu cette photo et là, tomber dessus un an après ton départ, ça me fait bizarre. Ca me remue complètement. Je t'aime si fort.
Mercredi 29 juillet 2009Je me souviens de tout. Il y a un an, c'était le cauchemar. Il y a un an, tu nous a quittés. Ta vie se terminait sans bruit, dans un ultime souffle qui t'a porté on ne sait trop où... Tout ce que je sais, c'est qu'il m'importe où tu es aujourd'hui, puisque tu seras toujours trop loin de moi... de nous. Je me souviens de mes pleurs. Je me souviens de mes larmes, chaudes. Je me souviens de tout. De tout... Et aujourd'hui, même cette chaude et ensoleillée journée ne change rien à cette date. Un an. Un an que tu nous a quittée, que tu es partie, que tu me manques... Je t'ai fait faire deux rubans. En ton hommage. Pour toi. Parce que je t'aime.
Je me souviens de tout. Il y a un an, un vide immense m'a envahit. Dans mes yeux remplis de larmes, dans mon coeur perdu au fond de moi, je ne savais que faire... Je ne savais que dire. Tout est arrivé si vite que le choc fut de mise. Ce fut si soudain que je me m'en souviens. De tout. Mon envie d'être entourée mais en restant seule dans mon coin. Ce besoin de parler en refusant constamment les marques de sympathie. Cet esprit contradictoire qui ressort quand tout va mal. Notre vie a défilé en moi... Nos moments, nos souvenirs, nos rires... Mais le présent reste ce qu'il est. Peu importe où il nous conduit, le mal est là. Eternellement.
Si tu savais ce que je t'aime...
Jeudi 30 juillet 2009Je me souviens de tout. Il y a un an, c'était le vide. C'était la peur. C'était l'angoisse. Ce n'était que le début de tout ce long chemin parcouru... sans toi. Je me souviens de tout... Les faire-parts. Les annonces. Les textes à choisir pour lire à l'église. Je me souviens avoir choisi le Psaume 22 : "le Seigneur est mon berger". Texte qui se termine par : "Grâce et bonheur m'accompagnent tous les jours de ma vie. J'habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours."
Aujourd'hui, un an après, au nom de notre Amour et de ce qui nous unissait - et nous unit toujours, malgré tout - j'ai souhaité te rendre hommage. Dans notre journal, j'ai fait publier une phrase... Pour toi...
" A Alice Vandenberghe, notre Maman, Mamie et Amie qui manque à nos coeurs et à nos vies. Depuis un an déjà..."
Parce que je t'aime, quoi qu'il advienne...
Vendredi 31 juillet 2009Je me souviens de tout. Il y a un an... En silence parce qu'aucun mot ne pouvait apaiser quoi que ce soit. Je suis entrée et j'ai franchi cette porte. Il y a un, dans cette pièce vide de vie et de joie, je suis restée là, figée face à toi. Je me suis approchée. Doucement. Comme pour ne pas te réveiller... Là, debout et immobile à tes côtés, je te caresse tendrement la joue. Je t'observe, intriguée par mon propre cauchemar. J'éclate en sanglots. Impossible de contrôler mes larmes. Ma mains dans tes cheveux... qui descend sur ton bras. Je te parle inconsciemment. Indéfinissablement. Dans ma tête. Silencieusement. C'est cela... je te parle en silence. Je chuchote des paroles d'amour et de colère. D'amour parce que c'est ce qui nous unit... De colère parce que je refuse de croire à ce que je vis ! Combien de temps suis-je restée à tes côtés ? Je ne sais pas... Ce fut incroyablement court et effroyablement long. Ce silence. Ce froid. Toi. Moi... J'ai fini par ne plus en pouvoir de pleurer et de me contenir. Alors je t'ai embrassée. Pour la deuxième fois ce jour. Sur le front... Je t'ai murmuré combien je t'aime puis je me suis éloignée. J'ai apposé mes lunettes noires avant de quitter la pièce. Mes verres assez larges pour masquer l'horreur de ma douleur.
Je me souviens de tout. Il y a un an, dans ce funérarium, dans cette pièce froide de tout sens, je t'ai glissé une petite enveloppe dans ta poche. Pour toi. Pour que tu emportes un peu de moi dans ton voyage... Une photo de nous. Une lettre. Mon poème.
Je me souviens de tout... Il y a un an... Je t'aime toujours autant.
Samedi 1er aoùt 2009Je me souviens de tout. Il y a un an... Mon entrée dans cette pièce. Cette musique funèbre. La famille. Toi. Toi au milieu des autres. Toi couchée là, reposée, dans ton linceul. Comment se contenir ? Je n'ai pas pu. Je me suis approchée. J'ai craqué. J'ai pleuré. On m'a serré, on m'a embrassé mais moi, ce que je vois, c'est toi. Toi que je fixe pour la dernière fois. Toi que j'admire pour la dernière fois. Toi et personne d'autre. Les autres on s'en fout. J'ai attendu des messages de soutien et de réconfort depuis trois jours, mais rien. Aujourd'hui je m'en fous. Ce qui compte, c'est toi. Mon regard qui voudrait se perdre dans le tien mais qui ne le pourra plus jamais. Mes mots qui voudraient s'enchaîner au tiens mais qui ne le pourront plus jamais. Ma main qui voudrait tenir la tienne mais qui ne le pourra plus jamais. Toutes ces choses auxquelles je pense sans y penser. Sans y croire réellement. Tu es là, endormie à jamais, et je ne te quitte pas des yeux. A aucun moment. Il faut te dire au revoir, c'est le dernier moment. Je m'approche pour la dernière fois. Je t'observe, caresse tes cheveux, frôle ta joue. Je t'embrasse, pour la dernière fois. Laissant mes larmes chaudes tomber sur ton front si froid. Je te murmure silencieusement combien je t'aime. Puis je m'écarte, doucement. On t'enferme dans ce cercueil et t'emporte... Je te suis, en larmes. Lynda me prend, m'embrasse, me serre. Elle me prononce son soutien. Des mots emplis d'amour et de compréhension. J'admire sa force et son courage. Je l'admire pour beaucoup de choses... Tellement.
Je me souviens de tout. Il y a un an... Assise aux premiers rangs de cette cérémonie qui te rend hommage, pour un ultime adieu. Les larmes et le silence des bruits indéfinissables comblent ma mémoire. Les mots. Les prières. Ma lecture à tes côtés. Epreuve difficile mais réalisable, par amour. Ces hommages. Ces pensées. Cet instant de douleur intense réalisant que cette fois, c'est vraiment la fin de tout. La fin d'une vie. La fin d'une ère. La fin d'une histoire. La fin de tout, la fin de Toi...
Je me souviens de tout. Il y a un an... Debout dans ces graviers. Toi qui descend doucement, qui disparaît petit à petit... Toi qui se dépose avec les tiens. Toi qui retourne à la terre. Je me souviens des pleurs et des larmes. De mes pleurs mais de ceux des autres aussi. Je me souviens des mots prononcés. Je me souviens des regards au loin. Je me souviens des cons, aussi !! Je me souviens de ce chagrin insurmontable de te quitter. Je me souviens de tout, mais comment faire autrement ? Ces images reviennent en moi sans crier gare.
Je me souviens de tout. Il y a un an... Je t'aime indéfiniment.
" Un cas exemplaire de solitude, voilà ce que je suis... "